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L'instruction publique

L'instruction publique

Des effectifs en croissance

L'enseignement secondaire féminin se développe grâce à la loi Camille Sée du 21 décembre 1880 qui se traduit, en 20 ans, par l'ouverture de 41 lycées et 29 collèges. L'enseignement secondaire concerne environ 100 000 élèves alors que l'Université reste élitiste avec 30 000 étudiants, chiffre cependant triplé entre 1870 et 1900.

L'enseignement primaire

Tandis que les collèges de jésuites sont fermés (1880), l'institution d'un enseignement primaire gratuit (loi du 16.6.1881), laïc et obligatoire (loi du 28.3.1882) frappe les esprits. Les instituteurs, hussards noirs de la République pour Péguy, enseignent une morale sociale de la discipline, de l'obéissance, de la docilité envers la hiérarchie patronale et celle des autorités (J. Bouvier). « À l'école, nous serons dociles et reconnaissants à nos maîtres, obligeants et affectueux pour nos camarades. Nous aimerons notre village, qui est un petit coin de la France, et nous lui ferons honneur en nous instruisant et en devenant bons ». En inscrivant cet engagement à la dernière page de son manuel de lecture, Le Tour de la France par deux enfants, G. Bruno ne savait pas qu'il serait diffusé à plus de huit millions d'exemplaires, au rythme annuel de 500 000 volumes dans les années 1880-1910. L'auteure voulait clairement placer sous les yeux des enfants « tous les devoirs en exemples », faire de l'instruction civique par la connaissance de la patrie.

Règles de bonne conduite et interdits sociaux

Le Tour de la France par deux enfants, laïcisé dans ses illustrations au début du XXe siècle, mélange règlements patronaux et règles de bonne conduite ce qui renforce les interdits sociaux. Tout ceci est conforme aux instructions d'un inspecteur général de l'Instruction publique demandant qu'on apprenne aux enfants des classes laborieuses, la privation obstinée des commodités et des plaisirs. Des syndicats, des associations, les divers partis politiques de gauche s'emploient en revanche à éveiller la conscience de classe du monde prolétarien, à développer la contestation politique et sociale, à faire cesser de croire que « ce qu'il y a de plus beau au monde, c'est la charité du pauvre ». À Toulouse, en 1892, Jaurès invite les lycéens à se hausser « au-dessus de toutes les nécessités, de toutes les fatalités et de la société elle-même, en ce qu'elle aura toujours de matériel et de brutal » pour faire jaillir dans la vieille forêt humaine, l'immortelle fraîcheur des sources.

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