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La contestation politique

La contestation politique

La fin des rêves monarchistes

À droite, des légitimistes défendent encore le principe de la monarchie de droit divin mais la mort sans postérité, en 1883, du comte de Chambord, petit-fils de Charles X, les a privés de leur rêve du couronnement d'Henri V. Les orléanistes ont accepté le parlementarisme et l'essentiel de la déclaration des droits de l'homme quant aux libertés fondamentales et à l'égalité devant la loi. Avec le ralliement à la République prôné par Léon XIII, ils ont perdu bien des catholiques et ne se reconnaissent pas dans le monarchisme autoritaire défendu, après 1900, par l'Action française de Charles Maurras. Pour les fidèles de ce dernier, la République reste la Gueuse.

Les organisations de gauche

En juin 1901, la fondation du parti radical et radical-socialiste consacre la force de ceux qui ont rallié à la République les couches nouvelles, colorant l'expansion et la stabilité « des couleurs bien vivantes et réelles de la laïcité » (M. Rebérioux). Plus à gauche, de multiples petites organisations coexistent. Entre 1889 et 1898, le parti ouvrier français de Jules Guesde passe de 2000 à 16 000 adhérents et recueille 40% des suffrages socialistes. Ouvrier typographe, Jean Allemane est l'un des dirigeants du parti ouvrier socialiste révolutionnaire qui s'affiche antimilitariste et antiparlementaire. Le PSOR espère dans un socialisme municipal mais voit surtout dans les syndicats le meilleur type d'organisation ouvrière.

Après le congrès du Globe des 23-25 avril 1905, les guesdistes du parti socialiste de France et les réformistes du Parti socialiste français se rassemblent dans le Parti socialiste unifié, section française de l'Internationale ouvrière. Dynamisée par Jean Jaurès, la SFIO rassemblera 1 400 000 suffrages et fera élire, avant 1914, une centaine de députés.

L'anarcho-syndicalisme

Si le marxisme commence à avoir des adeptes, l'inspiration anarcho-syndicaliste continue d'irriguer tout le mouvement ouvrier. Onze ans après la fondation de la confédération générale du Travail, est votée par plus de 800 voix contre 6, la charte d'Amiens qui proclame, le 13 octobre 1906, l'action syndicale « en dehors de toute école politique » et affirme comme objectif la révolution, comme moyen « la grève générale révolutionnaire ». L'un des rédacteurs de la charte, Émile Pouget, responsable du journal de la CGT, La Voix du peuple, avait écrit, dès novembre 1889, dans Le Père peinard : « Tant que le populo ne se sera pas foutu dans la caboche qu'il doit se passer de patrons, y aura rien de fait ».

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