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La contestation sociale

La contestation sociale

La population ouvrière

Si la population employée dans l'artisanat et l'industrie ne représente que 42% de la population entre 1895 et 1904, elle fournit près de 61% des productions. C'est au prix d'une militarisation dans l'organisation du travail et de l'instauration de hiérarchies contraignantes ; les cadences commencent à s'imposer là où les effectifs de salariés se dénombrent par centaines (449 dans les mines, 711 dans la métallurgie). Mais, en 1906, la moitié de la main d'œuvre industrielle reste employée dans des entreprises de moins de 5 ouvriers d'où assez peu de Français syndiqués (750 000 contre 2 millions en Grande-Bretagne).

Les luttes ouvrières

Les luttes ouvrières sont ponctuées de grèves ; on en dénombre 1309 avec 438 500 grévistes en 1906. De petites révoltes locales témoignent d'une misère persistante, d'autres sont aussi l'explosion de rêves refoulés (G. Adam). Bien des conflits débouchent sur la mise en état de siège des communes industrielles ; des soldats du contingent interviennent puisqu'il n'existe pas de forces spécialisées dans le maintien de l'ordre. La France gréviste, c'est d'abord la France du Nord où les ouvriers du textile prennent modèle sur la discipline des mineurs. Ces derniers organisent en 1902 la première grève générale pour la journée de 8 heures et le droit à une retraite après 25 ans de service. Ce n'est qu'en avril 1906 que le projet de loi sur les retraites ouvrières est adopté, prélude à la nomination, le 25 octobre, du premier ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, René Viviani, socialiste indépendant.

La répression et ses suites

La dureté de la condition ouvrière et la manière dont sont réprimées leurs revendications renforcent les militants socialistes et syndicaux, dans le Nord et le Sud-Ouest. Interné pour avoir poussé les ouvriers à revendiquer la limitation à huit heures de la durée journalière du travail, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, est élu député de Lille après la fusillade de Fourmies où l'on a relevé, le 1er mai 1891, neuf morts dont deux enfants. À Carmaux, une grève de trois mois déclenchée par le licenciement d'un ouvrier mineur qui a refusé d'abandonner son mandat de maire débouche, en janvier 1893, sur l'élection de Jean Jaurès comme député du Tarn. Après la catastrophe de Courrières du 10 mars 1906 qui provoque 1100 morts, les 40 000 mineurs du Nord sont en grève deux mois ; diverses crises continuent à secouer le pays.

médias

Grève à Saint-Ouen. 1908

Hussards barrant le passage aux grévistes

Arrestation d'un militant ouvrier