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Les crises surmontées

Les crises surmontées

La violence anarchiste

Les républicains ont triomphé de l'ordre moral, éloigné le spectre du retour à la monarchie, surmonté le scandale des décorationsscandale des décorations
Le député Wilson fut compromis dans un trafic de décorations décernées contre rémunérations ; son beau-père Jules Grévy, président de la République, fut contraint à la démission en 1887 et brocardé par les chansonniers sur le thème « quel malheur d'avoir un gendre ».
, la crise boulangisteCrise boulangiste
Directeur au ministère de la Guerre, puis ministre populaire dans le cabinet Freycinet en 1886, à 49 ans, le général Boulanger fédéra les opposants à la République opportuniste. Mis à la retraite en 1888, il fut élu député dans 4 départements et à Paris avant d'être poursuivi pour complot contre l'État. Condamné par contumace à la détention perpétuelle, il se suicida en Belgique, sur la tombe de sa maîtresse en 1891.
et l'affaire de Panamascandale de Panama
En 1892, des poursuites judiciaires visèrent les élus qui avaient financé des journaux ou alimenté leurs caisses électorales avec de l'argent de la compagnie créée pour le percement du canal de Panama, par Ferdinand de Lesseps initiateur du canal de Suez. Clemenceau et d'autres parlementaires furent compromis et perdirent leurs sièges aux élections de 1893.
. Mais les attentats anarchistes, l'assassinat de Sadi Carnot, président de la République puis, à l'orée du XXe siècle, les tentatives de coups de force anti-républicains témoignent d'une contestation persistante.

En mars 1892, Ravachol fait éclater une bombe dans un restaurant ; jugé le 26 avril, il est exécuté le 11 juillet. Le 8 novembre 1893, l'éclatement d'une autre bombe fait 5 morts dans le commissariat de la rue des Bons-Enfants ; arrêté en février 1894 pour un nouvel attentat, Émile Henry est guillotiné le 5 février 1895. En décembre 1893, l'engin d'Auguste Vaillant blesse l'abbé Lemire à la Chambre des députés et accélère le vote de la loi qui, le 18, réprime sévèrement la détention d'explosifs et correctionnalise les délits de presse.

Une contestation persistante

Le président Sadi Carnot ayant laissé la justice suivre son cours, l'exécution de Vaillant entraîne son assassinat, par l'anarchiste Caserio, le 24 juin 1894. Avant qu'il ne soit guillotiné, le 16 août 1894, une seconde loi scélérate, le 28 juillet, réprime plus durement les menées anarchistes et les fait se réorienter vers l'action syndicale.

La présidence de la République s'affaiblit d'une interruption de quatre septennats successifs (démissions de Jules Grévy et Casimir-Perier en 1887 et 1895, morts de Carnot puis, en 1899, de Félix Faure) mais l'institution demeure. Après l'élection d'Émile Loubet, une marche sur l'Élysée échoue ; son initiateur, Paul DéroulèdePaul Déroulède
Devenu célèbre après 1872 pour ses Chants du soldat, fondateur en 1882 de la Ligue des Patriotes, élu député en 1889, Paul Déroulède, partisan de Boulanger puis dénonciateur des parlementaires chéquards de Panama, tente un coup de main vers l'Élysée en 1899, après les obsèques du président Félix Faure. Acquitté par les jurés de la cour d'assises, il est condamné à 10 ans de bannissement par la Haute Cour et revient d'Espagne après l'amnistie de 1905.
, est acquitté par la cour d'assises de la Seine, le 31 mai, mais le Sénat réuni en Haute Cour, dès janvier 1900, lui inflige dix ans de bannissement.
Le préfet Poubelle avait naguère fait condamner le président de la société de courses de Marseille pour offense par regard ; après son agression contre le président Loubet, à Longchamp le 4 juin 1899, le baron Christiani écope de 4 ans de prison. Autre adepte du coup d'État, Jules Guérin, est banni après avoir été condamné à 10 ans de prison pour son Fort-Chabrol où il tint en échec la police parisienne du 12 août au 21 septembre 1899. Les républicains se défendent appuyés sur l'administration, la police et la justice.