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L'espionnage et le contre-espionnage

L'espionnage et le contre-espionnage

Le service secret militaire

Le service de renseignements s'est développé à partir de 1871 avec le contre-espionnage comme activité essentielle. De 1886 à 1894, le lieutenant-colonel Sandherr dirige ce qu'on dénomme la section de statistique. Rattachée directement au sous-chef d'état-major pour les questions logistiques, elle rend surtout compte au ministre ; elle fonctionne sur fonds secrets, recense les étrangers à arrêter en cas de conflit et fiche également étrangers et nationaux « suspects au point de vue national ».

À travers ses espions, nombreux en Alsace et Moselle mais surtout grâce aux activités des attachés militaires en poste dans les ambassades de France à l'étranger, auteurs de précieuses synthèses, l'armée tente de percer les secrets des puissances ennemies potentielles. D'autres agents luttent contre les espions étrangers en France ; ils surveillent aussi des journalistes et des parlementaires et les ambassades étrangères à Paris dont les messages chiffrés sont décryptés systématiquement au Quai d'Orsay, par la section du Chiffre.

Une culture du complot

Ces surveillances doublent celles de la direction de la sûreté générale du ministère de l'Intérieur. Toutefois, s'il est advenu que le préfet de police de Paris finance, sur ses fonds secrets, des agents dans les départements et même hors de France, notamment à Berlin et à Rome, l'armée est le principal vecteur de l'espionnage et du contre-espionnage en fonction de la loi du 18 avril 1886 qui vise à protéger les progrès réalisés dans les différents services de l'armée et la confidentialité sur les sujets que l'intérêt de l'armée commande de conserver secret.

Diverses condamnations pour transmissions de renseignements frappent des personnes en contact non seulement avec l'Allemagne mais aussi avec les États-Unis et d'autres puissances étrangères conformément aux dispositions du code pénal relatives aux atteintes à la Défense nationale.

Les renseignements collectés clandestinement s'ils justifient l'existence des services spécialisés, n'en favorisent pas moins une culture du complot qui, selon le général Bach, prédispose à ne pas remettre en cause les informations issues de canaux occultes. Ce manque de méfiance a pesé sur la manière dont se sont forgées les passions antidreyfusardes.

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