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L'État-major général de l'Armée

L'État-major général de l'Armée

Une grande mission, préparer la Guerre

Encore embryonnaire en 1874 quand le chef d'état-major du ministre commande à six bureaux, l'état-major général se renforce peu à peu malgré ceux qui pensent que les chefs d'état-major « n'ont besoin que d'obéissance, de clairvoyance et d'ordre » et doivent être neutres avec des officiers « silencieux et muets (préparant) loin des bruits de ce monde l'action de l'armée républicaine ».

Déplorant la succession de 12 chefs d'état-major entre 1874 et 1888, deux ans après son arrivée au ministère, Charles de Freycinet fixe, dans le décret du 7 mai 1890, les missions du chef d'état-major général. Il dirige ce qui devient l'organe de préparation à la guerre mais qui doit aussi pouvoir « fournir au commandant-en-chef, ainsi qu'aux diverses armées, les éléments nécessaires pour assurer la direction des opérations pendant la paix ».

Le cœur du dispositif de commandement

L'état-major général est défini comme « un service délimité et autonome, essentiellement technique, qui doit demeurer à l'abri des fluctuations ministérielles (pour tendre au but essentiel) la préparation des opérations militaires et l'étude pratique de tous les moyens propres à les faire réussir ». Il doit former, en temps de guerre, le cœur du dispositif de commandement mais est aussi le centre des préparatifs en ce qui concerne la mobilisation et la concentration des troupes, les transports, l'organisation de l'Armée. Pour disposer des meilleures recrues, l'état-major accueille comme stagiaires, à partir de 1891, les douze premiers des promotions de l'École supérieure de guerre qui doivent passer six mois dans chacun de ses quatre bureaux.

Dans la mesure où le pouvoir politique est mouvant et le pouvoir militaire éclaté entre directions, comités techniques et état-major général sans qu'aient totalement disparu des citadelles où l'on entrait par cooptation, le général Bach observe que ce « fond de luttes sournoises » contribua à ce que l'affaire Dreyfus échappe à ses initiateurs.

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