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Un objectif : plus jamais 1870 !

Un objectif : plus jamais 1870 !

La débâcle

Malgré leurs fusils Chassepot, les fantassins français n'ont pas résisté aux assauts des troupes allemandes appuyées par une artillerie très performante. Fort de la confiance du ministre de la Guerre Roon et du chancelier Bismarck, le général Moltke, chef du grand état-major depuis 1858, a conduit les Prussiens à la victoire ; pour le feld-maréchal, l'unité de vue politique a servi. À contrario, les troupes françaises ont offert, devant Sedan et Metz, « le pauvre spectacle d'un commandement inerte, passif et débordé » (R. Girardet).

Après le siège de Paris où le menu de Noël du Grand Hôtel a offert civet de chat, gigot de chien et salmis de rat, la défaite des armes de la France s'est soldée, au traité de Francfort du 10 mai 1871 par l'annexion de l'Alsace et d'une grande partie de la Lorraine. C'est sous condition de quitter leurs domiciles que les Alsaciens et les Lorrains se sont vus accorder le droit de rester Français mais leur droit d'option n'a pu s'exercer que jusqu'au 1er octobre 1872.

La libération du territoire

La présence de troupes d'occupation dans 18 départements a eu pour justificatif qu'elle garantissait le versement d'une indemnité de cinq milliards à l'Allemagne victorieuse. La libération du territoire intervint dès septembre 1873 parce que les emprunts pour payer l'indemnité et les frais d'entretien des troupes d'occupation trouvèrent de très nombreux souscripteurs (330 000 en juillet 1871, 900 000 l'année suivante).

L'idée d'une revanche pour permettre la récupération des provinces perdues va vivre jusqu'à la Grande Guerre. Dans La Débâcle, Émile Zola montre l'effondrement français mais il décrit aussi la bravoure des troupes et met en scène des Prussiens « capons »capons
Par opposition aux soldats braves, ce terme ancien désigne les lâches.
à qui le compte sera réglé plus tard. D'aucuns espéreront que les malheurs injustes des troupes « demeurent comme une ineffaçable leçon dédiée à ceux qui gouvernent et à ceux qui commandent » (C. de Gaulle).

médias

Le siège de Paris (1870-1871)

Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870