Émile Loubet (1838 - 1929)

Émile Loubet

Dreyfusard

Hommes politiques

Président de la République qui gracia Alfred Dreyfus après sa seconde condamnation, Émile Loubet était né dans la Drôme, à Marsanne, le 30 décembre 1838.

Fils de viticulteur, avocat stagiaire à Paris, docteur en droit en 1863, il s'inscrit au barreau de Montélimar en 1865 et est élu maire de la ville en septembre 1870. Député de la Drôme en 1876, président du conseil général en 1880, il est élu sénateur en 1885 et réélu en 1894 après avoir été ministre des Travaux publics (cabinet Tirard de décembre 1887 à mars 1888) et de l'Intérieur (cabinet Ribot, décembre 1892 - janvier 1893). Président du Conseil de février à décembre 1892, il est élu président du Sénat le 16 janvier 1896 ; il devient le 18 février 1899, deux jours après la mort de Félix Faure, président de la République obtenant, comme candidat des républicains, 483 voix contre 279 à Jules Méline.

Les antidreyfusards se déchaînent contre celui que Rochefort appelle le Machiavel nougateux. Le 4 juin 1899, au lendemain de l'arrêt cassant la condamnation de Dreyfus, il est frappé d'un coup de canne, sur le champ de courses d'Auteuil. Le 11, la manifestation en sa faveur, organisée notamment par les socialistes révolutionnaires, est réprimée par la police ; mais, le 12, un gouvernement de défense républicaine est constitué autour de Waldeck-Rousseau.

Dix jours après la seconde condamnation de Dreyfus, le 19 septembre 1899, s'appuyant sur un certificat médical et fort des avis favorables des présidents du Sénat et de la Chambre des députés, Émile Loubet signe la grâce du capitaine. Le ministre de la Guerre écrit au président du Conseil que cette « mesure de souveraine pitié ne serait pas comprise de tous si (le président de la République) n'était pas résolu, en principe, de mettre pour toujours hors de cause les officiers généraux ou autres qui ont été mêlés à cette malheureuse affaire ». La loi d'amnistie sera signée en décembre 1900.

Conformément aux dispositions constitutionnelles, le président Loubet signe aussi, la loi sur les associations en 1901 et la loi de séparation des églises et de l'État en 1905 bien que n'approuvant pas la politique d'Émile Combes. Ses voyages en Angleterre et en Russie illustrent la politique de la Triple Entente.

Armand Fallières lui succède le 18 février 1906 et il se retire dans son département natal, à La-Bégude-des-Mazenc où il décède le 20 décembre 1929. Ayant refusé des obsèques nationales, il est inhumé, le 24, à Montélimar.