Ferdinand Brunetière (1849 - 1906)

Ferdinand Brunetière

Antidreyfusard

Journalistes et intellectuels

Antidreyfusard affirmé par respect des institutions et co-fondateur de la Ligue de la patrie française en décembre 1898, Ferdinand Brunetière était né à Toulon, le 19 juillet 1849.

Fils d'un polytechnicien contrôleur de la Marine, il échoue à l'École normale supérieure (ENS) en 1869 et 1870. Auteur pour la Revue des Deux Mondes dès 1875, il en est le secrétaire de rédaction de 1877 à 1893. Nommé maître de conférences à l'ENS en 1886, il est l'un des critiques littéraires européens les plus notoires. Adversaire résolu des romans naturalistes de Zola, il ne veut pas avoir d'opinion personnelle sur la culpabilité de Dreyfus. Académicien français depuis 1894, défenseur de l'idéal catholique romain, l'ancien libre-penseur soutient que porter atteinte à l'honneur de l'armée, c'est fragiliser la démocratie. Le 15 mars 1898, il écrit : « quand l'intellectualisme et l'individualisme en arrivent à ce degré d'infatuation d'eux-mêmes, c'est qu'ils sont ou qu'il deviennent tout simplement l'anarchie ».

Il voit dans les intellectuels dreyfusards des irresponsables et affirme : « L'intervention d'un romancier, même fameux, dans une question de justice militaire m'a paru aussi déplacée que le serait, dans la question des origines du romantisme, celle d'un capitaine de gendarmerie ». Voulant que les savants inclinent « leur logique devant la parole d'un général d'armée »; il subit une campagne hostile dans Le Siècle où est défendue la souveraineté de la conscience et « la possibilité pour un sage d'avoir raison contre l'erreur publique ».

F. Brunetière s'éloigne de la Ligue de la patrie française un an après l'avoir fondée ; il poursuit la publication de huit volumes d' Études critiques sur l'histoire de la littérature française s'attirant un jugement incisif d'André Gide : « Ce qu'il soutient n'est pas toujours très juste ; mais toujours très solidement établi. Oserait-on dire même : d'autant mieux établi que moins juste ». Quelques mois après la réhabilitation du capitaine Dreyfus, il meurt à Paris, le 9 décembre 1906.