Henri Rochefort (1831 - 1913)

Henri Rochefort

Antidreyfusard

Journalistes et intellectuels

Principal polémiste antidreyfusard, Henri Rochefort était né à Paris, le 31 janvier 1831.

Fils du marquis de Rochefort-Luçay, lui-même journaliste et auteur de théâtre, H. Rochefort est employé de la ville de Paris dès 1851. Sous-inspecteur des Beaux-Arts, il démissionne pour collaborer au Figaro avant de créer La Lanterne. Député de la Seine en janvier 1871, il est condamné après la Commune à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Évadé en mars 1874, amnistié en 1880Amnistié en 1880
Après une répression sauvage des Communards qui fit près de 30 000 victimes en 1871, quatre conseils de guerre avaient prononcé jusqu'en 1874 près de 14 000 condamnations. Après une campagne soutenue par Victor Hugo, l'amnistie votée en 1880 permit le retour de celles et ceux qui avaient été déportés principalement en Nouvelle-Calédonie.
, il fonde L'Intransigeant qui dénonce, à des dizaines de milliers d'exemplaires « les saletés parlementaires ». Réélu député en 1885, démissionnaire en 1886 faute d'avoir obtenu une amnistie générale, il soutient le général BoulangerCrise boulangiste
Directeur au ministère de la Guerre, puis ministre populaire dans le cabinet Freycinet en 1886, à 49 ans, le général Boulanger fédéra les opposants à la République opportuniste. Mis à la retraite en 1888, il fut élu député dans 4 départements et à Paris avant d'être poursuivi pour complot contre l'État. Condamné par contumace à la détention perpétuelle, il se suicida en Belgique, sur la tombe de sa maîtresse en 1891.
ce qui lui vaut une nouvelle condamnation par la Haute Cour pour « complot contre la sûreté de l'État ».

Amnistié en 1895, il se range aux côtés des nationalistes et des antidreyfusards, accusant Joseph Reinach d'avoir fabriqué des preuves contre Esterhazy. C'est dans L'Intransigeant qu'apparaît, le 13 décembre 1897, la légende d'un courrier de l'empereur d'Allemagne nommant « tout au long le capitaine Dreyfus ». Le démenti gouvernemental ne trouve « que des incrédules parmi les apôtres illuminés de l'évangile nationaliste » (M. Paléologue).

En 1898, président d'un marginal parti socialiste français, Rochefort dénonce Jaurès comme « un sergent recruteur au service du syndicat de trahison ». Le 18 octobre, le rêve du polémiste devient qu'on aligne les magistrats de la Cour de cassation, qu'un bourreau leur coupe les paupières, vide leurs orbites et qu'on les place sur un grand pilori avec l'écriteau « Voilà comment la France punit les traîtres qui la vendent à l'Allemagne ! ».

Son journal dénonce le « syndicat » des dreyfusards et soutient les antidreyfusards qui nourrissent, à Rennes, l'idée que le capitaine incarne la trahison, interprétant comme une « haie de déshonneur » la haie de soldats qui lui tournent le dos pour décourager les menaces d'attentat.

Voyant dans l'antidreyfusisme un moyen d'attaquer les valeurs bourgeoises et les financiers juifs, il refuse cependant d'écrire dans L'Action française. Les derniers de ses 13 000 articles paraissent dans La Patrie avant son décès intervenu en Savoie, à Aix-les-Bains, le 1er juillet 1913.