Manuel Achille Baudoin (1846 - 1917)

Manuel Baudoin

Dreyfusard

Magistrats et avocats

Procureur général lors du second procès qui s'acheva par la réhabilitation d'Alfred Dreyfus, Manuel Baudoin était né à Tours, le 26 juin 1846.

Fils d'un magistrat qui présida la cour d'appel de Bourges et fut aussi procureur général à la Cour de cassation, Manuel Baudoin fut guidé par son père avec sollicitude et clairvoyance.

Docteur en droit, marié à la fille d'un conseiller à la cour d'appel de Rennes, cet avocat, inscrit au barreau de Rennes en 1868, rejoint la magistrature dès 1869, comme substitut à Châteaulin. Il remplit les mêmes fonctions à Quimper en 1871 puis à Rennes où il devient substitut du procureur général en 1878. Avocat général à Lyon en 1880, il y est signalé comme « doué d'aptitudes exceptionnelles » et d'une intelligence à la fois vive et pénétrante.

Procureur général à Limoges en 1885, il est avocat général à la Cour de cassation durant trois ans à partir de septembre 1890 ; il y célèbre, en 1892, le centenaire de la République en affirmant que, par leurs arrêts, les magistrats de la Cour doivent contribuer « à faciliter l'œuvre glorieuse de la République et sa marche ascendante vers le progrès et la liberté ».

Président du tribunal civil de la Seine, il y est signalé pour son caractère ardent, laborieux presque à l'excès. Procureur général à la Cour de cassation à partir de juillet 1901, il affirme, dès janvier 1904, que des pièces fausses ou falsifiées ont été produites en 1899 et qu'aucune des charges sur lesquelles Dreyfus a été condamné « ne semble résister à l'examen ». Son réquisitoire écrit est jugé par le capitaine comme manquant d'une note émue mais remarquablement fait. L'arrêt de la Cour autorisant la révision est conforme à ses réquisitions ; il prépare « le triomphe de la vérité et de la justice qui, pour être parfois voilées ou méconnues par suite de l'infirmité de l'esprit humain, ne meurent du moins jamais ».

Dès mars 1905, son réquisitoire écrit de 800 pages demande la cassation sans renvoi qui sera votée en juillet 1906. Premier président en septembre 1911, il décède en fonctions le 23 janvier 1917. Les « honneurs militaires funèbres » sont rendus à ce grand officier de la Légion d'honneur à la demande du garde des Sceaux René Viviani qui rend hommage à sa longue carrière et « aux services rendus par ce haut magistrat à la Justice ».