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La mobilisation de la famille

La mobilisation de la famille

Une solidarité sans failles

Alors que des personnes portant le nom de Dreyfus obtiennent, en 1895 et dans les années suivantes, le droit de modifier leurs noms en y accolant leurs prénoms - ainsi des Gaston-Dreyfus et des Louis-Dreyfus - ou de les changer - tel en Bickart, tel en Lantz cependant que le capitaine Paul-Émile Dreyfus devient le capitaine Deslaurens - la famille d'Alfred et les familles alliées restent solidaires même quand elles échouent à « faire passer une ligne contre les infamies » dans les journaux et qu'elles se sentent déshonorées « pour l'unique raison qu'elles ont une autre religion que la majorité de la nation ».

Le fils d'Henriette est prié d'écrire à son oncle : « il a besoin de toute notre affection et il la mérite plus que tout ». Jacques et Léon Dreyfus, filateurs comme leur frère Mathieu, recherchent des appuis chez les industriels en Alsace mais viennent aussi à Paris comme leurs sœurs et leur beau-frère Joseph Valabrègue qui décrit à Henriette la foi de Lucie dans l'honneur de son mari, « si complète, si grande qu'elle nous fait du bien » ; c'est dans la propriété des Valabrègue qu'Alfred vivra ses premiers jours de liberté à l'automne 1899.

La famille envoie des courriers en Guyane même après avoir su les termes de sa première lettre de déporté, incapable de leur écrire à tous : «  mon cerveau n'en peut plus et mon désespoir est trop grand ».

Le soutien après la grâce

Après la grâce dont il a été un chaud partisan à cause de la santé d'Alfred, Mathieu accompagne son frère de Nantes à Carpentras chez leur sœur ; tous éprouvent une accalmie, une détente dans cette longue suite de souffrances qui avait été leur lot à tous (Carnets d'Alfred Dreyfus). Le temps s'estompe où, dans l'île du Diable, le désespéré redoutait que les siens ne se battent pas pour lui assez vigoureusement.

Léon et Mathieu font partie, en 1903, de la réunion qui précède le discours de Jaurès par lequel le processus de réhabilitation s'enclenche réellement ; mais c'est évidemment Mathieu qui demeure toujours le plus proche d'Alfred Au seuil de l'année 1900, le benjamin a décrit ses liens indissolubles avec son aîné, tissés dans leur adolescence parisienne et surtout dans ses cinq années de dévouement dont aucune parole ne saurait rendre la grandeur.