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L'ascension sociale d'une famille

L'ascension sociale d'une famille

Des juifs de la haute Alsace

À l'exception de Samuel Léopold, père de son arrière-grand-père, originaire de basse Alsace, tous les ancêtres d'Alfred Dreyfus ont vécu dans des bourgs alsaciens où les interdictions professionnelles qui les frappaient les cantonnèrent à des activités commerciales intermédiaires telles le négoce de bestiaux ou de grains.

Les recherches d'Odile Jurbert ont établi la généalogie du capitaine. Du côté maternel, son arrière-grand-père et son grand-père Abraham et Simon Libmann/Weil sont bouchers à Ribeauvillé où naît, le 17 mai 1817, sa mère Jeannette Adèle Libmann-Weil qui exercera la profession de couturière avant de se marier, à 24 ans, avec Raphaël Dreyfus.

Du côté paternel, ses deux arrière-grands-pères sont des marchands qui vivent et travaillent à Rixheim où la communauté juive représente 13% de la population (243 personnes recensées en 1784). Le bourg est à la frontière de la ville libre de Mulhouse où les juifs trouvent refuge lors des émeutes révolutionnaires pendant lesquelles leurs demeures sont pillées et brûlées. Son arrière-grand-père Israël Dreyfus, s'il fait commerce de tissus, consent aussi des prêts qui forment l'essentiel de sa succession. Jacques Dreyfus, grand-père d'Alfred, est très inséré dans la communauté juive où il est circonciseur. S'il consent quelques prêts (onze créances sont enregistrées à son bénéfice entre 1813 et 1823) et si cette activité lui vaut sans doute le refus d'une patente le 7 mars 1811, il choisit de développer son commerce de toiles. Installé définitivement à Mulhouse à partir de juin 1821, ce sont ses marchandises qui sont, avec sa maison, l'essentiel de son patrimoine quand il décède à 57 ans, 12 rue de la Justice.

Raphaël Dreyfus, propriétaire et marchand de tissus

Père de famille nombreuse qui perd plusieurs enfants en bas-âge, Raphaël Dreyfus vit successivement dans la maison de son père (1841-1844), 35 rue des Tanneurs puis au 46 et au 1 rue de Bâle (1846-1853). De 1854 à 1866, la famille vit rue du Sauvage, à l'angle de la place des Victoires et c'est là que naît, le 9 octobre 1859, son dernier fils Alfred qui, à partir de 1866, grandit dans l'hôtel particulier du 45 rue de la Sinne.

Propriétaire de ses domiciles rue de la Justice, porte de Bâle, rue du Sauvage et rue de la Sinne, Raphaël Dreyfus est qualifié tour à tour de colporteur (1844), d'agent d'affaires (1845) et de marchand de tissus. S'il apparaît sous cette profession dans son acte de mariage de 1841, son contrat de mariage le désigne comme propriétaire. Comme l'a montré O. Jurbert, ce sont ses opérations immobilières puis son activité de commissionnaire en tissus imprimés et brodés qui lui fournissent les fonds nécessaires à la création de sa filature.

médias

Raphaël Dreyfus, père d'Alfred

Mme Raphaël Dreyfus vers 1880

La maison natale