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Des filateurs prospères

Des filateurs prospères

Raphaël Dreyfus, marchand et promoteur immobilier

L'ascension sociale des Dreyfus se fait en une génération. Le patrimoine laissé par Abraham Dreyfus n'atteint que 15 944 francs en 1810 et celui de son fils Jacques moins de 8000 francs en 1838 avec exploitation indivise du magasin par ses fils. Cependant, dès son mariage, Raphaël dispose de 4000 francs, capital supérieur à celui dont il a hérité ; ses opérations immobilières ont ensuite une ampleur croissante. Entre 1840 et 1869, la valeur moyenne de chaque acquisition et de chaque vente, établie par Odile Jurbert, passe respectivement de 605 francs à 24 927 francs et de 1312 francs à 23 032 francs. Ces achats fonciers se font dans les communes rurales puis dans Mulhouse où l'on peut considérer que Raphaël Dreyfus est promoteur immobilier lorsqu'il réalise 14 ou 19 opérations dans les seules rues de la Filature et Kœchlin.

La filature Raphaël Dreyfus et compagnie

Au décès de Raphaël Dreyfus, ses héritiers partagent un patrimoine de 800 000 francs-or dont l'essentiel est représenté par la société anonyme de filature et de tissage de coton constituée le 18 octobre 1893 et issue de la société commerciale « Raphaël Dreyfus et compagnie » créée 31 ans auparavant avec commandite de banquiers bâlois et du fournisseur des machines André Kœchlin. À proximité d'une des premières cités ouvrières construites en France, l'usine s'étend sur 100 mètres de long et 120 mètres en largeur; le peignage s'effectue au rez-de-chaussée, le filage du coton dans trois salles en étages. Si, en août 1894, le feu ravage l'entreprise, dès le 28 septembre, Mathieu Dreyfus dépose sa demande de reconstruction. La famille dispose en effet de la quasi-totalité des parts de la société puisque son conseil d'administration est composé des trois frères Jacques, Léon et Mathieu et que le conseil de surveillance ne comporte, à l'exception d'un manufacturier mulhousien que le mari d'Henriette Dreyfus, Joseph Valabrègue et le capitaine Alfred Dreyfus. Jusqu'à la fin des activités de la SA, le capital reste français à plus de 99% et, en 1920, c'est au groupe Boussac que sont vendus les bâtiments de la rue Lavoisier. Alsaciens, les Dreyfus sont de fervents patriotes français ; trois des petits-fils de Raphaël mourront pour la France pendant la Grande Guerre. La famille aura chèrement payé son droit de rester française.

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Raphaël Dreyfus

Mme Raphaël Dreyfus

Hôtel particulier des Dreyfus à Mulhouse