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Le choix de la France après 1871

Le choix de la France après 1871

L'intégration francophone des Dreyfus

Si les ancêtres Dreyfus n'utilisent pas couramment l'écriture latine avant le milieu du XIXe siècle, la mère et le père du futur capitaine la pratiquent. Seuls deux de leurs enfants, Rachel et Mathieu, portent des prénoms bibliques ; les autres sont dénommés Jacques, Henriette, Berthe, Louise, Ernestine, Léon et Alfred. Cette rupture avec les traditions est marquée aussi dans le domaine de leur éducation ; elle ne rencontre pas l'hostilité du rabbin de Mulhouse qui se félicite de l'esprit d'égalité régnant dans la ville et veille à ce que les confirmations religieuses comportent la déclaration sacrée de loyauté patriotique envers la France.

Si la langue allemande et le judéo-alsacien sont parlés au foyer familial, Mathieu et Alfred sont de langue maternelle française et sont instruits conformément aux vœux des élus qui espèrent que tous les enfants soient « capables de s'exprimer dans la langue de leur pays ». Alfred évoqua ces années écoulées « sous l'influence bienfaisante de (sa) mère et de (ses) sœurs, d'un père profondément dévoué à ses enfants, sous la touchante protection de frères plus âgés ». À 13 ans, il ne s'adaptera pas au realgymnasium de Bâle et ira à Paris, avec Mathieu, pour poursuivre ses études.

L'option pour la nationalité française

Le traité de Francfort du 10 mai 1871 laisse aux Alsaciens et Lorrains annexés la possibilité de conserver la nationalité française, s'ils optent avant le 30 septembre 1872 et transfèrent effectivement leurs résidences. Raphaël Dreyfus opte pour la nationalité française le 23 mai 1872, pour lui-même et ses enfants mineurs Louise, Léon, Rachel, Mathieu et Alfred à Carpentras où sa fille Henriette vit avec son mari depuis 1869 ; elle opte de même le 24. À l'automne 1872, Raphaël s'installe à Bâle avant de revenir à Mulhouse en juin 1874 où il ne sollicite la nationalité allemande que pour sa fille Rachel qui épousera ensuite un industriel nancéien. Tous ses fils ont évité de servir sous uniforme allemand ; Mathieu s'engage comme hussard à Belfort, en 1875 tandis qu'Alfred écoute Henriette lui dire : « Ne faut-il pas qu'il y ait au moins un officier dans notre famille pour l'heure de la revanche ? ». La guerre de 1870 et l'annexion de sa province natale déterminent donc son choix de carrière ; il se jure de consacrer toutes ses forces, toute son intelligence à servir son pays contre celui qui a insulté à la douleur des Alsaciens.

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Les Dreyfus optent pour la nationalité française

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