Félix Faure (1841 - 1899)

Félix Faure

Antidreyfusard

Hommes politiques

Président de la République pendant la période où la révision du procès Dreyfus était exclue, Félix Faure était né à Paris, le 30 janvier 1841.

Négociant en cuirs au Havre, il s'y marie en 1865, et est adjoint au maire de la ville de 1870 à 1873. Révoqué par le gouvernement d'ordre moral, il est élu député républicain modéré en 1881 et quatre fois réélu. Sous-secrétaire d'État au Commerce et aux Colonies du gouvernement Gambetta de novembre 1881 à janvier 1882, il a en charge la Marine comme sous-secrétaire d'État du gouvernement Ferry (septembre 1883 - mars 1885) puis du gouvernement Tirard en janvier-février 1888.

Il est ministre de la Marine depuis le 30 mai 1894 quand, après la démission de Casimir-Perier, il est élu président de la République. Il se veut neutre dans l'affaire Dreyfus tout en refusant la mise en cause de la condamnation de 1894. Il refuse les confidences du président Scheurer-Kestner, affirmant que « Félix Faure ne peut entendre que ce que le président de la République peut entendre (...) : ma neutralité est la neutralité de la loi ».

Après l'acquittement d'Esterhazy et à la veille de la condamnation de Zola, il consigne dans ses carnets, le 22 février 1898 : « Pour juger cette affaire, il faut avoir sous les yeux le dossier, interroger l'accusé, entendre ses réponses, entendre les témoins, le défenseur et l'accusateur. Tous ceux qui prétendent juger autrement font une œuvre mauvaise et bête, criminelle même lorsqu'elle peut avoir des conséquences graves à l'intérieur et à l'extérieur. Les juges ont jugé avec ces éléments. Personne n'a le droit sans preuves évidentes de douter de leur jugement ».

La découverte du faux Henry trouble l'échiquier politique et Félix Faure nomme successivement, en septembre 1898, quatre ministres de la Guerre. C'est l'époque où il écrit : « Je ne puis rien sur les opinions qu'on peut me prêter (...) mais il faut démentir tous faits quelconques qu'on m'attribuerait. Tant que le gouvernement reste dans la loi, je ne puis ni ne veux intervenir ». En janvier 1899, il signe le projet de loi qui va dessaisir la chambre criminelle de la Cour de cassation qui passe pour favorable à la révision. Le 16 février suivant, pendant qu'il reçoit Marguerite Steinheil née Japy, il succombe à une hémorragie cérébrale ; le tenant pour hostile à la révision, La Libre Parole écrit : « une odeur de meurtre s'exhale de ce cercueil ». Dreyfusard, le directeur de L'Aurore déclare pour sa part : « en entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ». Il est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise, le 23 février tandis que DéroulèdePaul Déroulède
Devenu célèbre après 1872 pour ses Chants du soldat, fondateur en 1882 de la Ligue des Patriotes, élu député en 1889, Paul Déroulède, partisan de Boulanger puis dénonciateur des parlementaires chéquards de Panama, tente un coup de main vers l'Élysée en 1899, après les obsèques du président Félix Faure. Acquitté par les jurés de la cour d'assises, il est condamné à 10 ans de bannissement par la Haute Cour et revient d'Espagne après l'amnistie de 1905.
échoue dans sa tentative de coup d'État.