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L'Alsacien à l'École Polytechnique

L'Alsacien à l'École Polytechnique

Un lycéen sérieux

Si Alfred Dreyfus est un pensionnaire malheureux des collèges Sainte-Barbe et Chaptal et s'il finit par préparer chez sa sœur Henriette son baccalauréat qu'il obtient en 1876, il se révèle doué. Un linguiste saluera plus tard sa « langue étonnante de netteté, de précision et de correction grammaticale » mais ses résultats en sciences exactes lui permettent d'aspirer à devenir polytechnicien. En prépa à Sainte-Barbe, dans le regroupement indifférencié des élèves aspirants soit à Saint-Cyr, soit à l'École centrale soit à l'École polytechnique, il croise 197 élèves catholiques, 24 protestants, 2 orthodoxes. Son statut de minoritaire le détournera d'adhérer plus tard à l'association amicale des anciens barbistes qui comptait notamment les généraux de Boisdeffre, Chanoine et Zurlinden.

Parmi les neuf élèves catalogués israélites, un seul Camille Léon, fils de receveur général, prépare Saint-Cyr ; les huit autres, dont 4 Alsaciens et un Lorrain, ont l'X pour but final. Avec une moyenne qui passe de 12,74 à 14,60 entre ses deux premiers trimestres, Alfred Dreyfus a toutes ses chances d'intégrer.

Un polytechnicien travailleur

À l'automne 1878, dès sa première tentative, il est reçu au 182e rang des 236 admis dans cette école fondée en 1794 et sous statut militaire depuis 1804. Avec une devise ambitieuse proposée aux élèves, engagés pour la Patrie, les sciences et la gloire, l'X forme des savants comme le mathématicien Henri Poincaré (promotion 1873) mais d'abord des militaires. L'armée est le principal employeur des polytechniciens qui sont nombreux dans l'artillerie, arme savante qui n'accueille que 11% des 28 000 officiers d'active. Sorti 128e de sa promotion, Alfred Dreyfus va passer deux ans à l'École d'application de Fontainebleau, comme sous-lieutenant élève d'artillerie. Une fois encore, il améliore son rang de sortie, se classant 32e sur 95 ; s'il n'y a rien qui le signale d'une manière particulière, son appréciation consigne qu'il « pourra faire un bon officier ».

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Alfred Dreyfus en collégien

Alfred Dreyfus à l'X.