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Le commandant Alfred Dreyfus

Le commandant Alfred Dreyfus

Une réintégration aux effets limités

Entre la dégradation militaire du capitaine Dreyfus et sa nomination de chef d'escadron, il se passe onze ans et demi! Après plus de quatre ans de bagne en Guyane, le simple citoyen Dreyfus, gracié mais non innocenté, livre un combat de presque sept années pour recouvrer tout son honneur et réintégrer sa chère Armée. Entre son arrestation et sa nomination de chef d'escadron au terme d'une loi que la Chambre des députés vote le 13 juillet 1906, il s'est écoulé 4276 jours. Les années de détention d'Alfred Dreyfus ne sont pas prises en compte ce qui lui interdit tout espoir d'accéder au grade de général.

Nommé commandant de l'artillerie pour l'arrondissement de Saint-Denis, le 15 octobre 1906, il tente quelques démarches auprès du président du Conseil Clemenceau et du ministre de la Guerre, le général Picquart mais ces deux personnalités qui n'avaient pas admis réellement la stratégie de la grâce présidentielle, estiment qu'elles ne peuvent revenir sur un vote déjà vieux de plusieurs mois.

Une carrière brisée par une ' tragique erreur '

Ayant perdu l'espoir de devenir officier général, Alfred Dreyfus demande sa mise à la retraite, le 26 juin 1907. Le 4 octobre 1907, « victime jusqu'au bout », Alfred Dreyfus consigne qu'il se console « en pensant que l'iniquité dont (il a) prodigieusement souffert aura servi la cause de l'humanité et développé les sentiments de solidarité sociale ». Un décret consacre ses droits à pension, le 25 octobre 1907 ; pour 30 ans, 10 mois et 124 jours de service, ils sont établis à un montant annuel de 2 350 francs.

Mobilisé le 2 août 1914, il écrit à son amie la marquise Arconati-Visconti : « Maintenant, haut les cœurs ! L'Allemagne mérite de recevoir un vigoureux coup de torchon ». Il sert à l'état-major de l'artillerie du camp retranché de Paris puis au parc d'artillerie de la 168e division. Le commandant Dreyfus est promu lieutenant-colonel du cadre de réserve à l'automne 1918 et obtient aussi de Clemenceau sa croix d'officier de la Légion d'honneur en juillet 1919. À son égard, le racisme de faciès s'estompe : décrit long en 1882, son nez était signalé busqué en 1894 ; dans ses états de service de 1906 et 1922, il redevient long puis moyen ! Officier d'artillerie en retraite « qu'une tragique erreur a empêché de suivre son chemin », Alfred Dreyfus meurt à son domicile parisien, le 12 juillet 1935, sans jamais avoir été aigri selon le témoignage de sa fille Jeanne. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, le dimanche 14 juillet 1935.

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Dreyfus le 21 juillet 1906

Groupe d'officiers en 14-18 avec Dreyfus en haut à gauche