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Le patriote à l'École supérieure de Guerre

Le patriote à l'École supérieure de Guerre

Un esprit vif

Le 20 avril 1890, à la veille de son mariage, Alfred Dreyfus est reçu à l'École supérieure de guerre parmi 18 artilleurs et 55 officiers d'infanterie. S'il n'est alors que 77e sur 81, ses progrès sont rapides. Il effectue diverses études sur la topographie comme sur les transports ferroviaires et participe à l'inspection des forteresses aux frontières françaises. Le capitaine Dreyfus ne perd pas le contact avec sa famille même s'il n'obtient pas toujours les laissez-passer obligatoires pour se rendre dans l'Alsace annexée. La fortune familiale lui permet d'avoir un train de maison important, grâce à un revenu annuel d'environ 40 000 francs. Ses biens et ceux de sa femme en font un officier fortuné mais évidemment jalousé. L'antisémitisme d'un de ses notateurs le conduit à demander au commandant de l'École si un officier juif n'est pas capable de servir son pays aussi bien qu'un autre. Il sait que ses coreligionnaires ne sont que 300 dans les cadres militaires mais il fait foi dans les paroles du ministre de la Guerre qui affirme aux députés, après la mort en duel du capitaine Mayer, que faire des distinctions entre les religions dans l'armée, est « un crime contre la nation ».

Un jugement très droit et très sain

Apprécié pour sa maîtrise de la théorie militaire comme de la pratique administrative, le capitaine Dreyfus est catalogué comme intelligent, laborieux et doué d'une prodigieuse mémoire ; toutefois le directeur de l'école affirmait que son élève n'avait « aucune qualité saillante ». À contrario, l'inspecteur général avait noté dans son dossier personnel : « les notes de cet officier ne parlent pas de son jugement qui me paraît très droit et très sain, ce qui n'est pas une qualité si commune ». Alfred Dreyfus relata ensuite une conversation avec le colonel Niox qui lui disait que l'école n'avait jamais fait de différence entre un juif et un autre et à qui il répondit : « je n'avais qu'à me louer de toute la sympathie et de toute la bienveillance qu'on m'avait témoignées à l'École de guerre ». Malgré un sévère 5 sur 20 infligé en fin de seconde année à lui comme à un autre lieutenant juif, les autres notes du capitaine Dreyfus lui permettent de sortir neuvième sur 81 ce qui lui assure l'accès automatique à l'état-major avec les autres douze premiers de sa promotion.

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