Antoine Louis Targe (1865 - 1942)

Le commandant Targe

Dreyfusard

Officiers

Enquêteur au nom du ministre avant la seconde révision du procès Dreyfus, Antoine Targe était né dans la Loire, à Saint-Chamond, le 2 août 1865.

Fils d'un fabricant d'huile, bachelier ès sciences et licencié en droit, il entre à Polytechnique en 1885. Capitaine en 1896, il est officier d'ordonnance du général gouverneur à Dijon puis à Dunkerque en 1898-1899. Ce sont ces fonctions qu'il exerce auprès du général André, ministre de la Guerre, à partir du 30 mai 1900.

En avril 1903, son ministre le charge d'une enquête personnelle et ses fouilles dans les bureaux du ministère lui permettent de préparer le dossier complet à partir duquel les membres de la Cour de cassation procéderont à la seconde révision. Il établit que plusieurs faux se trouvent encore dans les bureaux du ministère de la Guerre, que des pièces comportent des altérations matérielles, qu'il en existe des commentaires erronés, que des documents à décharge ont été dissimulés et que d'autres sont des « réceptacles de tous les racontars de domestiques congédiés ou de concierges médisants ». Sa notation de 1903 témoigne de son « travail considérable auquel il consacre ses jours et ses nuits (...) appelé à avoir un grand retentissement » mais on signale aussi qu'il « a eu gravement à se plaindre de procédés déloyaux de camarades qui l'ont desservi » et qu'il a « tout supporté pour le plus grand bien du service et dans l'intérêt de la cause républicaine à laquelle il est profondément attaché ».

En 1904, sa fiche consigne : « l'avenir dira ce qu'a été le travail colossal auquel le capitaine Targe est attaché depuis dix mois et qui suffira à honorer sa carrière ». Promu chef d'escadron au choix dès 1904, il tient à la disposition de la Cour de cassation les documents relatifs à l'affaire Dreyfus pendant toute l'année 1905. Le 20 juillet 1906, Targe est fait officier de la Légion d'honneur tandis que Dreyfus reçoit sa croix de chevalier. Du 26 octobre suivant à 1909, il est chef du secrétariat particulier de G. Picquart qui salue « l'homme de confiance qu'il est indispensable à un ministre d'avoir ».

Colonel en 1912, il sert au Maroc où Franchet d'Espérey remarque le « vigoureux gaillard, enjoué et énergique (... qui) ne craint pas d'engager sa responsabilité ni de dire son avis ». Avant qu'il ne regagne le front, en 1915, Lyautey salue ses qualités exceptionnelles et son énergie indomptable. Général de brigade en décembre 1915, de division en juin 1917, Antoine Targe, grand croix de la Légion d'honneur en 1926, est nommé par Paul Painlevé, inspecteur général du recrutement des militaires de carrière, en mai 1927 et reçoit la médaille militaire en juillet 1928 pour ses services éminents. Versé dans le cadre de réserve en août 1930, il décède dans l'Allier, à Vichy, le 28 août 1942.