Maurice Barrès (1862 - 1923)

Maurice Barrès

Antidreyfusard

Journalistes et intellectuels

Nationaliste, antisémite et donc logiquement antidreyfusard, Maurice Barrès était né à Charmes-sur-Moselle, le 17 août 1862.

Fils d'ingénieur, licencié en droit, il fréquente le milieu littéraire avant de publier, en 1884, la revue les Taches d'encre. Député boulangisteCrise boulangiste
Directeur au ministère de la Guerre, puis ministre populaire dans le cabinet Freycinet en 1886, à 49 ans, le général Boulanger fédéra les opposants à la République opportuniste. Mis à la retraite en 1888, il fut élu député dans 4 départements et à Paris avant d'être poursuivi pour complot contre l'État. Condamné par contumace à la détention perpétuelle, il se suicida en Belgique, sur la tombe de sa maîtresse en 1891.
de Nancy en 1889, il devient célèbre avec Le Culte du Moi, titre qui regroupe ses trois premiers romans publiés entre 1888 et 1891.

Battu aux législatives en 1893, directeur de La Cocarde, il y dénonce les politiciens corrompus associés aux juifs avant de déduire la culpabilité du capitaine de sa race ! En 1897, le premier volume du Roman de l'énergie nationale, Les Déracinés rejette l'héritage des Lumières qui a décérébré la France ; il ouvre, selon Zeev Sternhell, la voie de l'antidreyfusisme.

Au moment où la première révision est discutée, il juge l'éventuelle mise en liberté du déporté comme un fait minime mais ajoute : « si Dreyfus est plus qu'un traître, s'il est un symbole, c'est une autre affaire : c'est l'Affaire Dreyfus ! Halte-là ! ». Il dénonce les intellectuels comme des « nigauds, des étrangers, des animaux enragés ou décérébrés ». Lucien Herr lui réplique que celui qui, en lui, hait les juifs et les alsaciens, c'est la brute du XIIe siècle :« Vous avez contre vous à la fois le vrai peuple et les hommes de volonté réfléchie (...) les désintéressés, la plupart des hommes qui savent faire passer le droit et un idéal de justice avant leurs personnes, avant leurs instincts de nature et leur égoïsme de groupes ».

Membre de l'Académie française et député de Paris à partir de 1906, il continue d'afficher un farouche nationalisme dans ses œuvres telles Colette Baudoch ou La Colline inspirée. Il succède à DéroulèdePaul Déroulède
Devenu célèbre après 1872 pour ses Chants du soldat, fondateur en 1882 de la Ligue des Patriotes, élu député en 1889, Paul Déroulède, partisan de Boulanger puis dénonciateur des parlementaires chéquards de Panama, tente un coup de main vers l'Élysée en 1899, après les obsèques du président Félix Faure. Acquitté par les jurés de la cour d'assises, il est condamné à 10 ans de bannissement par la Haute Cour et revient d'Espagne après l'amnistie de 1905.
comme président de la Ligue des patriotes en 1914 et soutient l'Union sacrée dans ses chroniques quotidiennes de L'Écho de Paris ; ceci le conduit, en 1917, à rendre hommage aux juifs morts pour la France.

Il décède à Neuilly-sur-Seine, le 4 décembre 1923 et est enseveli dans son village natal.