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La déclaration universelle des droits de l'homme

La déclaration universelle des droits de l'homme

La contribution française

Membre de la Ligue des droits de l'homme dès 1921, élu à son comité central en 1947 et y devenant membre honoraire en 1955, René Cassin fut vice-président du Conseil d'État de la Libération à 1960. Ce professeur de droit confiait que, sans l'affaire Dreyfus, il aurait peut-être choisi la carrière militaire. Grand juriste de la France Libre, membre du Comité national français constitué à Londres par le général de Gaulle, il y conçut, dès 1942, l'idée de la déclaration universelle dans des échanges avec Henri Laugier, futur premier secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations unies.

Vice-président de la commission internationale de 18 membres qui se réunit à New York à partir de février 1947, René Cassin pesa pour faire de la déclaration universelle des droits de l'homme, « le premier mouvement d'ordre éthique que l'humanité organisée ait jamais adopté ». Ancien délégué à la Société des Nations et au Bureau international du travail, il réussit, en dépit de la position américaine, à y faire mentionner les droits économiques, sociaux et culturels comme droits fondamentaux liés aux droits civils et politiques. R. Cassin est considéré également comme l'artisan du choix de la formule déclaration universelle qui impliquait les droits des individus et pas seulement les droits des nations signataires.

Adoptée le 10 décembre 1948, la déclaration universelle reprend les principes du texte de 1789 en affirmant que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et ajoute : « Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Difficultés et victoires depuis 1948

La déclaration de 1948 proclamait que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme avaient conduit à des actes de barbarie révoltant la conscience de l'humanité. Mais les pactes qui pouvaient en découler ne furent adoptés qu'au bout de 18 ans tandis que 50 ans s'écoulèrent avant qu'on étudie la création d'une cour pénale internationale. Au demeurant seules des conventions constituent des textes opposables en droit positif ; en ce qui concerne la Convention européenne des droits de l'homme adoptée à Rome en 1950, elle ne fut complètement ratifiée par la France qu'en 1981. Les désordres profonds observés à travers l'Europe ont témoigné depuis des progrès restant à accomplir.

Premier président de la Cour européenne des droits de l'homme, René Cassin gardait une mentalité de combattant dreyfusard quand il proclamait : « Il faut avoir foi dans la nature de l'homme. Faisons en sorte que la volonté humaine aille dans le sens de la construction et de l'harmonie et non pas vers la destruction et la mort ».

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Déclaration universelle de 1948

Catafalque de René Cassin devant le Panthéon