Émile Zola (1840 - 1902)

Émile Zola

Dreyfusard

Journalistes et intellectuels

Avec J'accuse… !, premier manifeste dreyfusard diffusé dans le grand public, Émile Zola, né à Paris le 2 avril 1840, lance l'Affaire et suscite les passions.

Fils d'un ingénieur italien, naturalisé en 1862, critique d'art et romancier naturaliste, il devient célèbre avec les 20 volumes des Rougon-Macquart ; cette histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire, publiée de 1870 à 1893, lui vaut la faveur d'un vaste public international notamment avec L'Assommoir, Nana et Germinal.

Président de la Société des gens de lettres de 1891 à 1896, il reçoit Bernard Lazare le 6 novembre 1897 et déjeune avec le sénateur Scheurer-Kestner le 13. Il écrit ensuite, dans Le Figaro, trois articles avant de publier deux brochures, La Lettre à la jeunesse (14 décembre 1897) et La lettre à la France (7 janvier 1898). Le 13 janvier 1898, au surlendemain de l'acquittement d'Esterhazy, sa lettre au président de la République paraît dans L'Aurore, sur toute la une du quotidien et sur une large partie de sa page 2, à la veille de la publication de la première liste des intellectuels demandant la révision du procès Dreyfus.

Condamné par la cour d'assises de la Seine en février, il obtient la cassation de son procès mais, recondamné à Versailles, il quitte la France jusqu'en juin 1899. Il se désolera du procès de Rennes puis de la loi d'amnistie, rassemblant ses écrits dreyfusards, en février 1901, dans La Vérité en marche.

Le 30 septembre 1899, Alfred Dreyfus le remercie pour J'accuse… !, « acte héroïque (...) dont la grandeur demeurera incomparable quand la poussière des combats sera tombée, quand l'histoire l'aura enregistrée ». Quatre ans après sa mort, survenue le 29 septembre 1902, par asphyxie peut-être criminelle, le Parlement vote sa panthéonisation, le lendemain de la réhabilitation d'Alfred Dreyfus ; ce dernier sera blessé, le 4 juin 1908, devant le Panthéon par un nationaliste antidreyfusard voulant la révision de la révision.

Au centenaire de J'accuse… !, le président Chirac a rendu un nouvel hommage à Zola, « haute figure littéraire et morale (... qui, dans) la lignée de Voltaire, incarne, depuis, le meilleur de la tradition intellectuelle ».