Bernard Lazare (1865 - 1903)

Bernard Lazare, portrait photographique

Dreyfusard

Journalistes et intellectuels

Auteur des premières brochures soutenant l'innocence du capitaine Dreyfus, « premier levé pour le Juif martyr », Bernard Lazare était né à Nîmes, le 14 juin 1865.

Issu d'une famille juive, Lazare Bernard est d'abord un critique et un poète symboliste mais il devient aussi un combattant de l'anarchie et un sioniste convaincu.

Dans La Justice, le 17 novembre 1894, son article « Le nouveau ghetto » dénonce un état d'esprit antisémite répandu par des esprits simplistes établissant « des rapports de causalité entre des phénomènes qui ne sont que connexes ». À travers 69 articles publiés dans L'Écho de Paris, entre novembre 1894 et août 1896, Lazare combat les « primaires de la pensée ».

Pressenti par Mathieu Dreyfus et bien qu'il se sente éloigné d'une famille capitaliste, il accepte de rassembler des éléments démontrant qu'Alfred Dreyfus est innocent. Il souhaite surtout fustiger les tribunaux d'exception, l'État broyeur de citoyens, « l'infaillibilité du sabre, ses privilèges et ceux du goupillon ».

En novembre 1896, sa brochure L'Erreur judiciaire : la vérité sur l'affaire Dreyfus est expédiée, de Bruxelles, à 3500 personnalités. En 64 pages, « au nom de cette justice qu'on a méconnue », B. Lazare demande la révision du procès devant la France. Sa seconde plaquette Une erreur judiciaire, L'affaire Dreyfus démonte la machination. Lorsqu'il prendra connaissance de ces textes, le capitaine louera l'exposé « en un style très simple (de) tous les faits alors connus ».

Lorsque bien des dreyfusards vantent les mérites de Picquart et Zola, Lazare rappelle qu'il a crié dans l'indifférence, « que le premier qui se leva pour le Juif martyr fut un Juif qui savait à quel peuple de parias il appartenait ». Bernard Lazare meurt dans l'été 1903 et Lucie Dreyfus écrit, le 2 septembre, à sa veuve Isabelle pour saluer « sa vaillance, son dévouement de tout instant, l'ardeur avec laquelle il s'est jeté dans la lutte, le tout premier ». Alfred Dreyfus évoque, dans ses Carnets, la mort du premier qui prit publiquement sa défense : « je perdais en lui un excellent ami, loyal et bon. Que de morts depuis le procès de Rennes, et que de tristesses accumulées !  ».