Ferdinand Forzinetti (1839 - 1909)

Ferdinand Forzinetti

Dreyfusard

Officiers

Commandant la prison militaire du Cherche-Midi, Ferdinand Forzinetti, premier convaincu de l'innocence du prévenu Dreyfus, était né à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 6 février 1839.

Fils d'un maçon, il est engagé volontaire en 1857. Sergent-major en 1860, sous-lieutenant en 1865, il est lieutenant en mars 1869 après avoir fait les campagnes d'Italie et du Mexique, avec le 2e régiment étranger. Capitaine en 1871, il est chef de pénitenciers militaires à partir de mars 1876, en poste à Birkadem puis, à partir de juillet 1885, à Bab el Oued. Sa hiérarchie considère qu'il « juge bien les choses (et) sert avec zèle » ; son caractère souple et facile est apprécié.

Nommé commandant des prisons militaires de Paris, le 15 octobre 1890, Forzinetti y accroît sa connaissance de la psychologie des détenus. À l'automne 1894, il observe le capitaine Dreyfus, « muré vivant dans sa chambre (dont la porte) ne devait s'ouvrir qu'en (sa) présence » et s'alarme de son désespoir.

Le commandant Forzinetti est mis à la retraite par décret du 20 février 1895 alors que son plus illustre prisonnier vogue vers la Guyane. Plus tard, Alfred Dreyfus rendra hommage à son geôlier qui, avec Lucie, le dissuada d'attenter à sa vie et « qui sut allier les devoirs stricts du soldat aux sentiments les plus élevés de l'humanité ».

Ferdinand Forzinetti est maintenu en fonctions après sa retraite et reçoit encore, le 29 janvier 1897, un témoignage de satisfaction du ministre de la Guerre pour sa participation à la commission de révision des règlements concernant le service de la Justice militaire. Mais ce que l'on apprend de ses relations avec les dreyfusards le font relever de ses responsabilités le 16 novembre 1897. il témoigne à Rennes en faveur de Dreyfus et s'émeut de son physique après la grâce tout en admirant qu'il n'ait « jamais un mot de haine pour ses bourreaux ».

C'est le prince Albert Ier de Monaco qui fournit des emplois à ce veuf, père de quatre enfants ; il est, à partir de 1899, commissaire de surveillance administrative des chemins de fer PLM et commissaire du gouvernement près les sociétés par actions. De Monte-Carlo où il décédera en 1909, F. Forzinetti se réjouit de la réhabilitation de 1906 en écrivant : « La revanche est belle et je la salue ».