Ludovic Trarieux (1840 - 1904)

Ludovic Trarieux

Dreyfusard

Hommes politiques

Dreyfusard et président fondateur de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen, Ludovic Trarieux était né en Charente, à Aubeterre-sur-Dronne, le 30 novembre 1840.

Fils d'un propriétaire terrien, licencié en droit, il est avocat près la Cour d'appel de Bordeaux de 1862 à 1880. Après avoir été conseiller municipal de 1874 à 1879, il devient député de la Gironde ; ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Bordeaux pour l'année judiciaire 1877-1878, il sera inscrit au tableau des avocats de Paris de 1881 à 1896.

Élu de la gauche républicaine, il est battu aux législatives de 1881 et 1885 mais il devient sénateur de la Gironde en 1888. Avec trois collègues, il instruit le procès du général BoulangerCrise boulangiste
Directeur au ministère de la Guerre, puis ministre populaire dans le cabinet Freycinet en 1886, à 49 ans, le général Boulanger fédéra les opposants à la République opportuniste. Mis à la retraite en 1888, il fut élu député dans 4 départements et à Paris avant d'être poursuivi pour complot contre l'État. Condamné par contumace à la détention perpétuelle, il se suicida en Belgique, sur la tombe de sa maîtresse en 1891.
devant la Haute Cour en 1889. Président du groupe des sénateurs de centre gauche, il est rapporteur des mesures de répression des menées anarchistes, en 1894, ce que l'extrême gauche désigne comme les « lois scélérates » car elles frappent les activités syndicales, contredisant une partie des dispositions de la loi de 1884 préparée par Waldeck-Rousseau.

Ministre de la Justice, garde des Sceaux dans le gouvernement Ribot du 26 janvier au 1er novembre 1895, Ludovic Trarieux, franc-maçon anti-clérical, s'émeut des violences suscitées par le procès Zola. Le 19 février chez l'ancien vice-président du Sénat Scheurer-Kestner puis, le 20, chez Trarieux, rue de Logelbach, les bases sont jetées d'une « association française, destinée à défendre les principes de liberté, d'égalité et de justice, énoncés dans la Déclaration des droits de l'homme de 1789 ».

Avec le chartiste dreyfusard Paul Viollet qui vient de fonder le Comité catholique pour la défense du droit, Ludovic Trarieux rédige les statuts de la Ligue des droits de l'homme dont il devient le premier président, assisté d'Émile Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur et d'Édouard Grimaux qui va bientôt perdre son poste de professeur à l'École polytechnique. Dès la première assemblée générale, le 4 juin 1898, mille adhérents sont dénombrés ; ils seront 6000 quelques mois plus tard et 20 000 en 1901.

S'il siège au Sénat jusqu'à sa mort, survenue à Paris le 13 mars 1904, c'est à la lutte pour la révision des condamnations de Dreyfus et à la LDH que Ludovic Trarieux se consacre. Il dénonce « l'effroyable méprise judiciaire » et se bat contre la loi d'amnistie. Dès le 7 septembre 1899, dans une lettre à Alfred Dreyfus, il lui dit que « le spectacle douloureux de (ses) épreuves a réveillé les sentiments de solidarité et de bonté qui sommeillaient en nous (... notre pensée) est allée à la foule des déshérités et des petits auxquels, dans leur abandon et leur faiblesse, il pouvait être encore plus nécessaire que pour vous-même de tendre une main secourable ».