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Depuis 1899, l'affaire Dreyfus a fait l'objet de films qui se sont ajoutés aux nombreuses photos prises en général surtout au moment du procès de Rennes ou postérieurement bien qu'il existe un cliché de janvier 1895 sur lequel on voit la cour de l'École militaire et où l'on distingue, d'une façon floue, le moment de la dégradation du capitaine Dreyfus. Cette photo et d'autres clichés peu connus ont été exposés en 2006, à Aurillac puis à Mulhouse, dans une exposition conçue par Vincent Duclert et Brigitte Lépine, sous le titre L'affaire Dreyfus révélée. Photos et photographes dans l'événement.

Au moment des faits

L'opérateur Julius W. Orde a tourné quelques scènes à Rennes, pendant l'été 1899. A ces 4 minutes d'images réelles, se sont ajoutées, dès 1899, les scènes reconstituées par Georges Méliès pour son film de onze minutes L'Affaire Dreyfus ; Méliès, cinéaste et dreyfusard s'est parfois inspiré de photographies.

Première moitié du XXe siècle

L'essentiel des images animées conservées dans divers dépôts d'archives sont des reconstitutions, de fausses actualités tournées en studio ou des éléments de films qui se veulent soit des évocations de l'affaire, soit des éléments s'insérant dans des descriptions de la Belle Époque.

En 1902, Ferdinand Zecca tourne un film muet dénommé L'affaire Dreyfus ; il est co-réalisateur d'un autre film portant le même titre, en 1908, avec Lucien Nonguet. C'est la société Pathé qui les diffuse mais ces films sont interdits en France à partir de 1915, au nom du maintien de l'ordre public.

Les premiers films parlants sont étrangers et ne reçoivent pas de visas d'exploitation pour la France ; ce sont :

  • en 1930, sur un scénario de Heinz Goldberg et Fritz Wendhausen d'après un ouvrage de Bruno Weil, Dreyfus réalisé par Richard Oswald, auteur allemand d'un film sur Cagliostro en 1929 ; ce film de 90 minutes ne présente que des acteurs allemands, dont Fritz Kortner dans le rôle du capitaine ;
  • en 1931, Dreyfus The Case, réalisé en Grande-Bretagne par F.W. Kraemer et Milton Rosmer d'après une pièce de Wilhelm Herzog ; dans ce film de 89 minutes, le rôle du capitaine est joué par Cedric Hardwicke.
  • En 1937, The Life of Émile Zola est tournée par William Dieterle ; Joseph Schildkraut y incarne Alfred Dreyfus. Le gouvernement Daladier interdit la projection de ce film de 116 minutes; il obtient son retrait de la sélection du festival de Venise pour atteinte à l'honneur de l'armée française. Il reçoit un visa d'exploitation en France en 1954.

Après la seconde guerre mondiale

Sorti aux États-Unis en 1958, le film du portoricain José Ferrer I accuse, d'une durée de 99 minutes, est diffusé très vite en France sous le titre L'affaire Dreyfus. Mais ce n'est que dans les trois dernières décennies du XXe siècle que les réalisateurs de l'audiovisuel affrontent le sujet en France.

Après le documentaire de Jean Vigne, d'une durée de 18 minutes, en 1965, dans sa série les aventures de la liberté, Jean Chérasse réalise un documentaire de 90 minutes en 1974 : Dreyfus, l'intolérable vérité montre des scènes reconstituées et fait parler des hommes politiques tels Michel Debré, Edgar Faure, Alain Krivine et François Mitterrand ; François Mauriac y explique l'affaire comme un épisode de guerre civile cependant que Jeanne Lévy, fille d'Alfred Dreyfus, lit une lettre de son père et rappelle qu'il ne fut jamais aigri par son drame.

Dans l'esprit de ce film, un autre documentaire est réalisé en 1995 par Paule Zadjzerman : Le Sabre brisé montre, en 81 minutes, une enquête de Philippe Oriol et divers témoignages de personnalités ou de jeunes qui éclairent les formes prises en France par l'antisémitisme

Télévision

La télévision a abordé la question avec un dossier de l'écran pour lequel est réalisé, en 1978, Émile Zola ou la conscience humaine ; Stellio Lorenzi introduit un débat sur les droits de l'homme à partir d'émissions consacrées au procès Zola.

En 1995, Antenne 2 a diffusé, en deux épisodes, un téléfilm d'Yves Boisset, sur un scénario de Jorge Semprun, L'affaire Dreyfus.

Dans la perspective du centenaire de l'Affaire, des documentaires fleurissent. Sont alors produits :

  • pour le Centre national de documentation pédagogique, un film de 26 minutes écrit et réalisé par le professeur Pierre Sorlin, La Raison d'État : chronique de l'affaire Dreyfus (1894-1899) ;
  • pour France 3, dans le cadre du magazine de Pascal Ory Les Brûlures de l'histoire, L'affaire Dreyfus par Robert Mugnerot (1994)
  • pour l'Institut national de l'audiovisuel et Arte, A la lumière de " J'accuse " par Robert Bober et Pierre Dumayet (1998)
  • pour le musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, en 2003, à l'occasion d'une exposition consacrée au dessinateur Tim, sculpteur de la statue parisienne de Dreyfus, Michel Grosman réalise un film de 15 minutes intitulé Dreyfus aujourd'hui.

Dans la plupart des cas, l'affaire Dreyfus est montrée comme pratiquement achevée avec la grâce de septembre 1899 ; l'affaire du capitaine et son combat de presque six années pour obtenir sa réhabilitation complète et la proclamation de son innocence ne sont pas traitées. Quelques images rappellent simplement la cérémonie du 21 juillet 1906 dans la cour de l'école militaire. Il est vrai que, pour Alfred Dreyfus, ce fut " un jour d'allégresse " grâce aux honneurs militaires qui lui furent rendus par deux escadrons du premier cuirassier et deux batteries à cheval, grâce aussi aux " étreintes délicieuses " de tous ceux qu'il aimait.

En complément de sa grande exposition Alfred Dreyfus Le combat pour la justice, organisée à Paris de juin à octobre 2006, sous la responsabilité d'Hélène Hoog, le musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme a organisé une rétrospective de cinq journées consacrées à Dreyfus à l'écran. L'historienne Livia Parnès et les historiens du cinéma Sébastien Denis et Ariel Schweitzer ont conçu ce programme mis en œuvre au MAHJ par Corinne Bacharach et Marie Blanquet.