Armand Mercier du Paty de Clam (1853 - 1916)

Du Paty de Clam

Officiers

Principal accusateur du capitaine Dreyfus en 1894 et demeuré un antidreyfusard acharné, Armand Mercier du Paty de Clam était né à Paris, le 21 février 1853.

Élève à Saint-Cyr en 1870, lieutenant en 1874, capitaine en 1877, il est affecté à l'État-Major général, au 1er bureau en 1879, au 3e en 1887 et y est maintenu quand il devient chef de bataillon en 1890. Chargé de l'enquête préliminaire après la découverte du bordereau, il se persuade de la culpabilité de Dreyfus par les dictées qu'il analyse en graphologue amateur et au fil de six interrogatoires. Son rapport oriente l'instruction du commandant d'Ormescheville au point qu'en 1913, le député radical Maurice Violette évoquera son « rôle particulièrement triste (...) Il a été, de façon indiscutable, l'artisan criminel d'une œuvre détestable ».

Mêlé à la transmission du dossier secret au premier conseil de guerre, il est promu lieutenant-colonel en mars 1897. Mais co-auteur des faux télégrammes visant à compromettre Picquart, il voit sa carrière brisée après le suicide de son complice Henry. En « non activité par retrait d'emploi », le 12 septembre 1898, il est admis d'office à la retraite le 26 février 1901. La Cour de cassation le contraint, en mars 1904, à verser à la procédure son commentaire des pièces secrètes communiquées aux juges de 1894.

Celui que sa victime qualifie de « fourbe sinistre » portera ensuite plainte pour faux contre le ministère de la Guerre à propos des mentions sur ses états de services. C'est contre le retrait de sa plainte qu'il obtient, le 6 janvier 1913, sa réintégration comme lieutenant-colonel dans l'armée territoriale.

Le ministre de la Guerre Millerand est contraint de démissionner après avoir pris cette mesure et Jaurès dénonce la prétention de du Paty de Clam à transformer en « calomniateurs sournois et vils (...) ceux qui avaient fait la lumière contre lui ». Toutefois, La Petite République énonce que, « dans le péril, un coupable ne saurait être privé du droit de racheter ses fautes ». Suspendu de son nouvel emploi par décision présidentielle du 13 février 1913, il demande en août 1914 un poste de son grade « le plus en avant possible ». Deux fois blessé, promu officier de la Légion d'honneur le 23 novembre 1914, il est reversé dans l'armée territoriale pour commander un centre d'instruction ; major de la garnison d'Épinal, il est reconnu impropre à tout service en octobre 1915. Il meurt à Versailles, le 3 septembre 1916 et son acte de décès s'orne de la suscription mort pour la France .

Quand un de ses enfants devient commissaire général aux questions juives en février 1944, Le Cri du peuple rappelle qu'il est « le fils d'un soldat qui sut, pendant l'affaire Dreyfus, n'obéir qu'à son devoir et à sa conscience (et qui) eut à supporter la haine et les vengeances (des juifs) ». Grâce à une « étrange sérénité passive » dans ses fonctions à la tête du CGQJ jusqu'au 17 mai 1944, le fils du Paty obtient un non-lieu de la Haute Cour de Justice le 19 juin 1947.