Ferdinand Walsin-Esterhazy (1847 - 1923)

Erinnerung an den Zola-Prozess - Paris 1898

Officiers

Espion au service de l'Allemagne et véritable auteur du bordereau qui fit condamner Alfred Dreyfus, Ferdinand Walsin-Esterhazy était né à Paris, le 16 décembre 1847.

Fils d'un général mort des suites de la guerre de Crimée, il bénéficie avec sa sœur d'une pension annuelle de 1500 francs sur la liste civile de Napoléon III. Il échoue à l'entrée à Saint-Cyr et s'engage dans l'armée pontificale puis dans la Légion romaine, le 22 mai 1869. Il démissionne en mai 1870 et reprend du service au régiment étranger en juin. Lieutenant dans les zouaves de 1871 à 1874, il est capitaine dans l'infanterie jusqu'en 1882 mais surtout à l'État-Major général où il traduit des documents allemands. Sa hiérarchie officielle se plaint qu'il soit « détaché à perpétuité » au point qu'en 1881, il est signalé comme « n'ayant jamais fait une heure de service ».

Employé dans les services de renseignements en Algérie, il multiplie les congés prétextant des fièvres intermittentes. Devenu en 1882, à la 6e proposition, chevalier de la Légion d'honneur, il épouse, le 6 février 1886, la fille du marquis de Nettancourt-Vaubecourt. Chargé de l'historique d'un bataillon de chasseurs, il demande à consulter les matricules des officiers à la direction de l'Armée, affirmant ne rien trouver dans les archives. Après s'être vu refuser, en février 1888, un mise en non activité « à titre d'infirmités temporaires », il développe sans doute des activités d'espion et sollicite, en mai, un poste dans l'est au prétexte de la santé de son épouse et de ses « intérêts matériels très sérieux en Lorraine ».

Domicilié à Paris même quand il est affecté dans le midi ou qu'il passe des congés en Bavière, il est protégé par l'État-Major général même quand le colonel Picquart y prouve qu'il a écrit le bordereau. Toutefois, en juin 1897, le général commandant la 5e division d'infanterie signale que le commandant Esterhazy « ne sera pas, de longtemps, en état de reprendre un service suivi ». Le 17 août 1897, une décision présidentielle le met « en non-activité pour infirmités temporaires ». En janvier 1898, il est acquitté du crime pour lequel Dreyfus a été condamné ; sûr de lui, il écrit au général de Pellieux, le 8 juillet, qu'il peut « faire marcher l'état-major ». Toutefois, dans un rapport spécial du 11 juillet, le général Millet, directeur de l'Infanterie, écrit qu'à « coté de la conduite régulière en apparence que tenait (Esterhazy, il) s'abandonnait secrètement à toutes les violences que lui dictaient des passions aussi effrénées que coupables » ; il propose de le poursuivre pour fautes graves contre la discipline, fautes contre l'honneur et inconduite habituelle.

Malgré la censure des trois quarts de ce document, le 24 août 1898, un conseil d'enquête de région décide, par trois voix contre deux, d'une « mise en réforme pour méconduite habituelle ». La décision présidentielle qui entérine cette « mesure de discipline » le 2 septembre, trois jours après le suicide du colonel Henry, ne sera pas notifiée à l'espion qui fuit en Angleterre. Il y vit d'expédients, d'articles de journaux dont l'un où il se reconnaît l'auteur du bordereau. Il décède, sous le pseudonyme de count Jean de Voilemont, le 21 mai 1923. Voulant ignorer ses turpitudes et bénéficier des faveurs de la République, une de ses filles sollicitera, le 20 février 1949, une part de débit de tabac.